Dès le 1er février 2026, le rendement de votre Livret A devrait chuter autour de 1,4 %, un niveau historiquement bas qui n’est pourtant pas une surprise. Ce recul est la conséquence mécanique d’une inflation maîtrisée, mais il cache une réalité plus brutale : votre argent dormant perdra encore plus de sa valeur. Comprendre pourquoi ce mécanisme s’active et comment il affecte directement votre portefeuille est devenu essentiel pour ne pas subir passivement cette érosion. Découvrons ensemble les chiffres précis et les conséquences pour votre épargne.
Pourquoi les rendements de votre épargne vont-ils encore baisser ?
La principale raison de cette chute annoncée est simple : depuis l’été 2025, l’inflation s’est stabilisée sous la barre symbolique de 1 %, oscillant autour de 0,95 %. Or, la formule de calcul du taux du Livret A est directement liée à ce chiffre ainsi qu’aux taux interbancaires. Lorsque ces deux indicateurs baissent, le rendement de votre épargne suit mécaniquement.
Chloé Martin, 34 ans, infirmière à Lyon, exprime une frustration partagée : « Je pensais que mon argent était à l’abri et travaillait un peu pour moi. Apprendre que mon petit pécule va rapporter encore moins, c’est décourageant. » Elle avait constitué ce matelas de sécurité pour faire face aux imprévus, et cette baisse remet en question la pertinence de ses efforts.
Ce mécanisme de révision a lieu tous les six mois, et celui de février 2026 ne fera pas exception à la règle. Le gouvernement n’a que peu de marge de manœuvre pour déroger à cette formule, sauf circonstances exceptionnelles. La baisse est donc quasi certaine, et elle impactera des millions de Français qui ont fait confiance à ces placements sécurisés.
Livret A et LDDS : quel impact concret sur vos économies ?
Pour le Livret A comme pour le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), la rémunération va se rapprocher dangereusement du point mort. Ces deux supports, piliers de l’épargne des Français, verront leur attractivité diminuer considérablement.
Une rémunération qui frôle le plancher
Le taux du Livret A devrait ainsi glisser vers 1,4 %, voire 1,5 % dans le scénario le plus optimiste. Le LDDS, dont le taux est identique, subira le même sort. Bien que ces produits restent sécurisés et que les intérêts soient défiscalisés, leur rendement réel, c’est-à-dire après déduction de l’inflation, deviendra quasiment nul.
Votre capital dormant ne produira plus de richesse tangible. Il servira tout au plus à maintenir sa valeur nominale, mais sans parvenir à contrer la moindre hausse des prix, même modérée. Cette situation transforme progressivement ces outils d’épargne en simples comptes de dépôt à peine améliorés.
La perte en euros : un calcul simple mais douloureux
Pour illustrer l’impact, prenons un exemple concret. Un Livret A garni de 5 000 € rapporte aujourd’hui 85 € par an avec un taux de 1,7 %. Avec un taux abaissé à 1,4 %, ce gain annuel tombe à 70 €. C’est une perte sèche de 15 € par an, un montant qui peut sembler faible mais qui, cumulé sur plusieurs années et sur des sommes plus importantes, pèse lourdement sur votre trésor de guerre.
Le LEP reste-t-il le meilleur rempart pour votre argent ?
Face à la déroute des livrets classiques, le Livret d’épargne populaire (LEP) conserve une longueur d’avance. Cependant, même ce placement privilégié n’échappe pas à la tendance baissière générale, et son accès reste limité.
Un avantage toujours présent mais réduit
Le taux du LEP, qui doit être au minimum supérieur de 0,5 point à celui du Livret A, devrait se situer entre 1,9 % et 2 %. L’avantage reste donc notable, surtout qu’il bénéficie lui aussi d’une exonération fiscale et d’une liquidité totale, avec un plafond relevé à 10 000 €. Malheureusement, ce refuge financier est réservé aux ménages modestes sous conditions de revenus.
L’hypothèse d’un « coup de pouce » de l’état
Depuis 2021, les autorités publiques se sont octroyé le droit d’accorder un coup de pouce politique au taux du LEP pour soutenir le pouvoir d’achat. Cette option pourrait être de nouveau activée en 2026, avec un taux maintenu artificiellement autour de 2,2 % ou 2,3 %. Rien n’est garanti, mais l’historique récent laisse entrevoir un possible soutien pour amortir le choc pour les titulaires.
| Livret d’épargne | Taux actuel (fictif avant fév. 2026) | Taux attendu (dès fév. 2026) | Intérêts annuels pour 5 000 € |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,7 % | 1,4 % | 70 € |
| LDDS | 1,7 % | 1,4 % | 70 € |
| LEP | 2,7 % | 1,9 % | 95 € |
Faut-il repenser sa stratégie pour protéger son capital ?
Cette nouvelle donne impose une réflexion sur la gestion de ses fonds. Laisser son argent sur des livrets à faible rendement n’est plus une stratégie viable à long terme. Il devient crucial d’agir pour préserver la valeur de son bas de laine.
L’érosion silencieuse de votre pouvoir d’achat
Prenons le cas d’un épargnant avec 10 000 € sur un LEP et 5 000 € sur un Livret A. Aujourd’hui, il perçoit environ 435 € d’intérêts annuels. Avec les taux anticipés pour 2026, ce total chuterait à environ 315 €. Cela représente une perte de 120 € chaque année, soit près de 600 € sur cinq ans. L’argent reste en sécurité, mais il cesse de travailler pour vous.
Explorer d’autres horizons pour faire fructifier ses fonds
Il est temps d’envisager des alternatives, en fonction de votre profil de risque. Les fonds en euros de l’assurance vie offrent des performances souvent meilleures, bien que moins souples. Pour ceux qui acceptent une part de volatilité, les ETF ou les investissements boursiers peuvent offrir des rendements plus attractifs sur le long terme.
L’important est de conserver une épargne de précaution sur un support liquide comme le Livret A. Mais au-delà de cette somme, la passivité est désormais synonyme de perte. Diversifier ses placements devient une nécessité pour que votre cagnotte continue de grandir.
Les placements tangibles : une alternative à l’épargne bancaire ?
Face à la baisse des rendements et à une certaine méfiance envers le système financier, certains épargnants se tournent vers des actifs physiques. Cette démarche vise moins le rendement que la préservation de la richesse sur le très long terme.
L’or, sous forme de lingots ou de pièces, et l’argent métal sont souvent perçus comme des remparts contre l’inflation et les crises monétaires. Cette stratégie de « débancarisation » partielle consiste à détenir une partie de son patrimoine en dehors du circuit bancaire traditionnel.
Il ne s’agit pas de remplacer l’épargne de sécurité, mais de la compléter avec une réserve de valeur tangible. C’est une assurance patrimoniale qui rassure ceux qui souhaitent protéger leurs économies des aléas économiques et politiques, en misant sur des actifs qui ont traversé les siècles.
Le taux de mon Livret A peut-il devenir négatif ?
Non, le mode de calcul du taux du Livret A inclut un taux plancher qui l’empêche de devenir négatif. Votre capital est donc garanti et ne peut pas diminuer, même si le rendement devient très faible.
Comment savoir si je suis éligible au Livret d’épargne populaire (LEP) ?
L’éligibilité au LEP dépend de votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N-2. Les plafonds sont mis à jour chaque année par l’administration fiscale. Vous pouvez vérifier votre éligibilité sur le site du service public ou directement auprès de votre banque.
Est-ce le bon moment pour investir en bourse avec la baisse des livrets ?
La baisse des taux des livrets peut inciter à chercher de meilleurs rendements ailleurs, comme en bourse. Cependant, cet investissement comporte un risque de perte en capital et doit correspondre à vos objectifs à long terme et à votre tolérance au risque. Il est conseillé de bien se renseigner ou de se faire accompagner.
Y a-t-il un risque de perdre mon capital sur un Livret A ou un LEP ?
Non, le capital déposé sur un Livret A, un LDDS ou un LEP est garanti par l’État. C’est ce qui en fait des produits d’épargne dits ‘sans risque’. Vous ne pouvez pas perdre l’argent que vous y avez placé.








