Oui, l’âge légal de la retraite est bien figé à 62 ans et 9 mois en 2026, offrant un répit inattendu à des millions de futurs retraités. Pourtant, cette pause cache une réalité plus complexe : pendant que certains gagnent de précieux mois, les pensions complémentaires Agirc-Arrco restent gelées, créant une situation à deux vitesses. Alors, que signifie vraiment ce gel pour votre date de départ et le montant final que vous toucherez ? Plongeons dans les détails de ce qui change concrètement pour votre projet de préretraite.
Âge légal à 62 ans et 9 mois : ce que cette pause change pour vous
La nouvelle la plus commentée de cette année 2026 est sans conteste la suspension temporaire de la réforme des retraites. Concrètement, le recul progressif de l’âge légal est mis sur pause. Il est désormais fixé à 62 ans et 9 mois, et ce, jusqu’au 31 décembre 2027. Cette décision offre une nouvelle perspective à ceux qui préparaient leur fin de carrière.
Martine DUPONT, 61 ans, comptable à Lyon, exprime un sentiment largement partagé : « Je me voyais travailler jusqu’à 63 ans passés… Apprendre que je gagne six mois, c’est un soulagement immense. C’est du temps que je pourrai enfin consacrer à mes petits-enfants, un véritable cadeau pour aborder cette transition vers plus de sérénité. »
Ce gel n’est pas qu’un symbole, il se traduit par un gain de temps tangible. Pour les personnes nées en 1964, l’âge de départ est ramené à 62 ans et 9 mois au lieu des 63 ans prévus. Celles nées au tout début de l’année 1965 peuvent même gagner jusqu’à six mois, une aubaine pour ceux qui envisagent un départ anticipé.
Qui est réellement concerné par ce report de la réforme ?
Ce sont principalement les générations nées entre 1964 et 1968 qui bénéficient de ce nouveau calendrier. La suspension agit comme un frein temporaire, modifiant les plans de ceux qui s’approchent du crépuscule de leur carrière. Cette période de préretraite s’en trouve donc directement impactée.
Il est crucial de comprendre que cette situation est transitoire. Si aucune nouvelle réforme n’est votée après l’élection présidentielle, le mécanisme de report de l’âge légal devrait reprendre son cours dès 2028. Cette incertitude pousse de nombreux actifs à bien calculer les avantages de cette fenêtre de tir pour leur cessation d’activité.
Pensions de retraite : entre revalorisation et gel inattendu
Si l’âge de départ est le sujet phare, les montants des pensions connaissent aussi des évolutions contrastées. L’année 2026 apporte son lot de bonnes et de moins bonnes nouvelles pour le portefeuille des retraités, redéfinissant les contours financiers de ce sas de décompression professionnelle.
La hausse de 0,9 % sur les pensions de base, un coup de pouce concret
Dès janvier 2026, l’ensemble des pensions de base, que vous veniez du secteur privé ou de la fonction publique, sont revalorisées de 0,9 %. Cette augmentation, bien que modeste, se répercutera sur le versement effectué par l’Assurance retraite en février.
Cette revalorisation a un effet domino. Elle entraîne une hausse mécanique du minimum contributif, des nouvelles pensions de réversion, du seuil de revenus pour valider un trimestre et du minimum vieillesse (Aspa). Une aide bienvenue pour ceux qui planifient leur préretraite avec un budget serré.
En revanche, une ombre plane sur le tableau. La pension complémentaire Agirc-Arrco, versée aux anciens salariés du privé, est gelée. Faute d’accord entre les partenaires sociaux en novembre dernier, aucune revalorisation n’est prévue pour le début de l’année. Un coup dur pour le pouvoir d’achat de millions de retraités qui comptaient sur cette part importante de leurs revenus pour leur départ à la retraite.
Les mesures spécifiques pour les familles et les carrières longues
Le budget 2026 de la Sécurité sociale ne se contente pas de figer l’âge légal. Il introduit également des ajustements significatifs pour les parents et ceux ayant commencé à travailler très jeunes, ce qui pourrait transformer leur projet de préretraite.
Carrières longues : l’impact des trimestres enfants
C’est une avancée majeure pour de nombreuses familles. Pour les départs à la retraite effectifs à partir de septembre 2026, il sera possible de prendre en compte jusqu’à deux trimestres liés à la naissance, l’éducation ou l’adoption d’un enfant pour accéder à un départ anticipé pour carrière longue. Cette mesure facilite l’accès à une cessation d’activité anticipée.
En parallèle, le nouveau congé de naissance, qui remplace le congé parental, générera désormais des trimestres dits « assimilés ». Ces périodes seront validées pour la durée de cotisation, même si aucun revenu n’y est associé sur le relevé de carrière, une information cruciale pour optimiser sa fin de carrière.
Mères de famille : le calcul sur 23 ou 24 ans, une fausse bonne idée ?
Une autre mesure a fait couler beaucoup d’encre : la possibilité pour les mères de calculer leur pension sur leurs 23 ou 24 meilleures années, au lieu de 25. Cependant, les experts tempèrent l’enthousiasme. Pour beaucoup, l’effet sera nul. Un gain n’est possible que si la 24ème année de salaire est nettement inférieure aux autres, ce qui reste rare.
| Dispositif | Ce qui change en 2026 | Impact pour votre départ |
|---|---|---|
| Âge légal de départ | Figé à 62 ans et 9 mois jusqu’à fin 2027 | Gain de 3 à 6 mois pour les générations 1964-1965 |
| Pension de base | Revalorisation de +0,9 % en janvier | Légère hausse du montant perçu chaque mois |
| Pension Agirc-Arrco | Gel des montants, pas de revalorisation | Stagnation de la pension complémentaire |
| Carrières longues | Prise en compte de 2 trimestres « enfants » | Accès facilité à une préretraite pour certains parents |
Anticiper sa fin de carrière : les nouvelles règles à connaître
Face à ce paysage en mouvement, bien préparer sa sortie de scène professionnelle devient essentiel. La période actuelle offre des opportunités mais exige une vigilance accrue, notamment concernant les dispositifs comme le cumul emploi-retraite. Aborder ce virage final demande de la stratégie.
Le cumul emploi-retraite : vers une simplification en 2027
Le dispositif de cumul emploi-retraite sera profondément remanié à partir du 1er janvier 2027. La nouvelle mouture sera plus simple, fonctionnant avec des paliers d’âge. Cependant, pour tout cumul demandé avant 67 ans, les revenus seront plafonnés. Une règle à intégrer dans la planification de sa préretraite.
Cette réforme ne s’appliquera qu’aux retraites liquidées à partir de 2027. Pour ceux qui prennent leur retraite en 2026 ou avant, les anciennes règles s’appliquent. Les experts soulignent qu’il pourrait y avoir un « petit effet d’aubaine » à profiter du système actuel avant sa refonte, une stratégie à envisager pour cette étape charnière.
L’âge de la retraite va-t-il rester à 62 ans et 9 mois pour toujours ?
Non, cette mesure est temporaire. L’âge légal est figé à 62 ans et 9 mois jusqu’au 31 décembre 2027. Sans nouvelle réforme, le mécanisme de report progressif de l’âge de départ devrait reprendre dès 2028.
Ma pension complémentaire Agirc-Arrco va-t-elle augmenter en 2026 ?
Non, pour le moment, les pensions complémentaires Agirc-Arrco sont gelées. Aucune revalorisation n’est prévue au début de l’année 2026 en raison d’un manque d’accord entre les partenaires sociaux.
Est-ce que les trimestres pour mes enfants m’aident à partir plus tôt ?
Oui, pour les retraites prises à partir de septembre 2026, vous pouvez utiliser jusqu’à deux trimestres validés au titre des enfants pour accéder au dispositif de départ anticipé pour carrière longue.
Suis-je concerné par la hausse de 0,9 % des pensions ?
Oui, cette revalorisation de 0,9 % s’applique à toutes les pensions de base des régimes obligatoires, que vous ayez été salarié du secteur privé, fonctionnaire ou indépendant. Elle sera visible sur le paiement de février 2026.








