Mâcher des chewing-gums a un mystérieux effet sur le cerveau

Mâcher des chewing-gums peut améliorer la vigilance de près de 10%, mais cet effet surprenant n’a que peu à voir avec le goût mentholé ou fruité de ces confiseries. En réalité, le bénéfice persiste bien après que la saveur se soit estompée, soulevant une question fascinante sur la connexion entre notre mâchoire et notre cerveau. Comment un simple mouvement de mastication peut-il réellement influencer notre concentration et apaiser notre stress ? Plongeons au cœur de ce mystère pour découvrir ce que la science révèle sur cette habitude si répandue.

L’étonnante histoire du chewing-gum, de la préhistoire à nos jours

Loin d’être une invention moderne, l’acte de mâcher de la gomme remonte à des milliers d’années. L’un des plus anciens chewing-gums découverts, datant d’environ 8 000 ans, était une poix d’écorce de bouleau mastiquée par des chasseurs-cueilleurs en Scandinavie. Des marques de dents ont même révélé que des enfants mâchouillaient déjà ces gommes primitives, probablement plus par plaisir que par nécessité.

Clara Martin, 21 ans, étudiante en droit à Lyon, illustre bien la persistance de ce réflexe. « C’est devenu un rituel. Avant un partiel, je prends toujours un de ces petits carrés de gomme. Ça m’aide à canaliser ma nervosité et à ne pas me laisser distraire par le stress ambiant. » Cette sensation de contrôle par la mastication est un fil conducteur à travers les âges.

Des forêts mayas aux rues de new york

Les civilisations anciennes, des Grecs aux Mayas, utilisaient des substances collantes extraites d’arbres, comme le chicle du sapotillier, pour occuper leurs mâchoires. Ce n’est que dans les années 1850 que cette pâte à mâcher arrive aux États-Unis, initialement comme une tentative ratée de substitut au caoutchouc. L’inventeur a alors eu l’idée de la transformer en confiserie.

Mais c’est William Wrigley Jr. qui a véritablement transformé le chewing-gum en phénomène de masse. Génie du marketing, il offrait initialement ces bâtonnets de gomme en cadeau pour l’achat de savon. Remarquant que le public préférait le cadeau au produit principal, il a réorienté toute son entreprise vers cette nouvelle friandise.

Une popularité mondiale grâce à l’armée

Durant la Première Guerre mondiale, Wrigley a convaincu l’armée américaine des vertus de ses produits pour aider les soldats à calmer leur faim et leur anxiété. Dès lors, le chewing-gum a été inclus dans les rations militaires, propageant cette habitude sur tous les continents à mesure que les soldats voyageaient.

L’impact réel de la mastication sur les performances cognitives

Au-delà de l’histoire, les scientifiques se sont penchés sur les affirmations marketing vantant les bienfaits de cette pastille caoutchouteuse. Les résultats, bien que nuancés, révèlent des effets bien réels sur notre cerveau, même si le mécanisme exact reste en partie une énigme.

Plus d’attention, moins de stress : que dit la science ?

Plusieurs études, dont celles menées par le psychologue Andrew Smith, ont montré que mâcher un chewing-gum pouvait augmenter la vigilance et l’attention soutenue d’environ 10%. Cet effet est particulièrement notable lors de tâches longues et monotones, où la mastication semble aider à maintenir la concentration.

Les preuves sont également tangibles concernant la réduction du stress. Des expériences en laboratoire ont montré que les participants qui mâchaient une gomme avant de faire une présentation en public ou de passer un test de mathématiques présentaient des niveaux de stress inférieurs. Ce geste répétitif semble détourner l’attention des sources d’anxiété.

Mémoire et chewing-gum : un mythe tenace

Contrairement à une idée répandue, le chewing-gum n’a pas d’effet positif démontré sur la mémoire à court ou long terme. Les études sont formelles : les personnes qui mastiquent une gomme ne se souviennent pas mieux de listes de mots ou d’histoires que les autres. Le bénéfice se limite principalement à la vigilance et à la gestion de l’anxiété.

Le mystère du mécanisme : pourquoi mâcher nous affecte-t-il ?

Si les effets sont de mieux en mieux documentés, la question fondamentale demeure : comment un acte aussi simple que celui de mâcher une confiserie sans nutriment peut-il avoir un impact sur nos fonctions cérébrales ? Les chercheurs explorent plusieurs pistes pour percer ce secret.

Les hypothèses biologiques à l’étude

Une première théorie suggère que la mastication augmente le flux sanguin vers le cerveau, lui apportant ainsi plus d’oxygène et de nutriments. Une autre piste explore le rôle de l’activation des muscles faciaux, qui serait corrélée à une attention plus soutenue. Le simple fait de contracter sa mâchoire enverrait des signaux de stimulation au cerveau.

Certains scientifiques se sont aussi intéressés au cortisol, l’hormone du stress. Les résultats sont cependant mitigés. Parfois, le taux de cortisol augmente, reflétant une plus grande attention, tandis que d’autres fois, mâcher un chewing-gum semble le faire baisser, notamment le matin lorsque son niveau est naturellement élevé.

Mythes et réalités sur le chewing-gumVerdict de la scienceExplication simplifiée
Il améliore la mémoireFauxAucune étude concluante n’a démontré un lien entre la mastication et une meilleure rétention d’information.
Il réduit le stressVraiL’acte de mâcher peut diminuer l’anxiété perçue, notamment avant un événement stressant.
Il aide à se concentrerVraiLa vigilance peut augmenter jusqu’à 10% sur des tâches longues et ennuyeuses.
Il est toujours bon pour les dentsNuancéLes versions sans sucres peuvent aider à nettoyer les dents, mais celles avec sucre favorisent les caries.

La théorie de la « bougeotte buccale »

L’hypothèse la plus convaincante compare le chewing-gum à d’autres gestes répétitifs comme taper du pied, faire cliqueter un stylo ou presser une balle anti-stress. Il s’agirait d’une forme de « fidgeting » (bougeotte) confinée à la bouche, un moyen pour le corps de canaliser une énergie nerveuse ou de se stimuler pour rester concentré.

Cette idée est soutenue par des recherches sur les enfants atteints de TDAH, qui montrent que ceux qui bougent le plus réussissent mieux certaines tâches cognitives. Le mot « ruminer », qui signifie à la fois mâcher et réfléchir longuement, prend ici tout son sens. Mâcher une gomme serait une manière de traiter passivement les informations tout en occupant le corps. Ce réflexe buccal est donc bien plus qu’une simple habitude.

Mâcher trop de chewing-gum est-il dangereux ?

Oui, une consommation excessive peut entraîner des troubles de l’articulation temporo-mandibulaire, provoquant des douleurs à la mâchoire, des maux de tête et des migraines chroniques chez les personnes prédisposées. La modération est donc conseillée.

Le parfum du chewing-gum a-t-il une influence sur ses effets cérébraux ?

Non, les études suggèrent que les bienfaits sur l’attention et le stress sont liés à l’acte physique de la mastication lui-même, et non à la saveur ou aux ingrédients du chewing-gum. L’effet persiste même lorsque le goût a disparu.

Pourquoi les ventes de chewing-gums ont-elles chuté récemment ?

La pandémie a joué un rôle majeur. Avec le port du masque, le télétravail et la diminution des interactions sociales, le besoin de rafraîchir son haleine ou de gérer le stress en public a diminué, entraînant une baisse significative des ventes mondiales.

Le chewing-gum sans sucres est-il vraiment bon pour les dents ?

Oui, mâcher un chewing-gum sans sucres après un repas peut être bénéfique. Il stimule la production de salive, ce qui aide à neutraliser les acides de la plaque dentaire et à éliminer les débris alimentaires, réduisant ainsi le risque de caries.

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