Pourquoi les Égyptiens dormaient-ils sur des oreillers en pierre ?

Les anciens égyptiens dormaient sur des appuis-tête en pierre non par goût de l’inconfort, mais pour une raison surprenante qui mêle protection physique et croyances spirituelles profondes. Loin d’être un simple objet, cet « oreiller » était en réalité un outil essentiel pour préserver des coiffures complexes et protéger le dormeur des menaces nocturnes. Mais comment un objet aussi rigide pouvait-il être si crucial pour la civilisation de l’Égypte ? Plongeons dans les secrets du sommeil des pharaons et découvrez pourquoi cet usage en Égypte n’avait rien d’anodin.

Les raisons pratiques et surprenantes des appuis-tête en pierre en Égypte

L’utilisation d’un appui-tête en pierre ou en bois dans l’Égypte antique répondait d’abord à des impératifs très concrets, bien loin de l’image d’austérité qu’on pourrait s’en faire. Ces objets, souvent hauts d’une vingtaine de centimètres, étaient conçus pour surélever la tête pendant le sommeil, une pratique aux multiples avantages dans le contexte de la vie en Égypte. C’est en comprenant leur quotidien qu’on saisit la logique derrière cet étonnant mobilier. « Je pensais que c’était une forme de torture, mais en visitant le musée du Caire, j’ai compris. C’était un outil de survie et de spiritualité. C’est fou de se dire que chaque objet de l’Égypte ancienne avait un sens si profond. » raconte Chloé Martin, 34 ans, enseignante à Lyon. Cette double fonction est la clé pour comprendre l’Égypte.

Préserver les coiffures et se protéger des nuisibles

Dans l’ancienne Égypte, les coiffures étaient extrêmement élaborées, souvent ornées de perles, de tresses complexes et de cire. Refaire une telle coiffure chaque matin aurait été une tâche colossale. L’appui-tête, d’une hauteur d’environ une vingtaine de centimètres, permettait de maintenir la tête en l’air, préservant ainsi intactes ces créations capillaires durant la nuit. Cette fonction pratique était primordiale pour l’élite de l’Égypte.

De plus, dormir au niveau du sol exposait les habitants de l’Égypte aux insectes, scorpions et autres nuisibles rampants. Surélever la tête de cette vingtaine de centimètres offrait une protection simple mais efficace, empêchant ces créatures d’atteindre le visage, les oreilles ou le nez du dormeur. L’Égypte connaissait de nombreux dangers nocturnes.

Un marqueur de statut social dans l’Égypte antique

L’appui-tête n’était pas un objet anodin ; il reflétait le statut de son propriétaire. Si les gens du peuple en utilisaient des versions simples en bois ou en céramique, les plus riches et les pharaons possédaient des modèles somptueux. Ces pièces, toujours d’une hauteur d’environ une vingtaine de centimètres, pouvaient être en albâtre, en ivoire ou en marbre, parfois incrustées de pierres précieuses. Posséder un tel objet en Égypte était un signe de distinction.

Le raffinement de l’appui-tête témoignait de la place de son utilisateur dans la société. L’Égypte antique était très hiérarchisée, et chaque objet du quotidien pouvait devenir un symbole de pouvoir et de richesse. L’artisanat de ces objets pour l’élite de l’Égypte était d’une finesse remarquable.

La dimension spirituelle et funéraire de l’oreiller égyptien

Au-delà de ses aspects pratiques, l’appui-tête en Égypte avait une portée symbolique et religieuse fondamentale, expliquant pourquoi il accompagnait les défunts dans leurs tombes. L’Égypte ancienne liait intimement le sommeil et la mort, considérés comme deux états de transition. L’oreiller en pierre devient alors un outil magique essentiel. C’est pour cela que l’on retrouve ces objets dans les tombes de l’Égypte.

Protéger la tête, siège de l’âme, durant le sommeil

Les anciens Égyptiens considéraient la tête comme le centre de l’énergie vitale et le siège de l’âme. Pendant le sommeil, l’esprit était jugé vulnérable aux forces maléfiques et aux mauvais rêves. L’appui-tête, souvent orné de figures protectrices comme celle du dieu Bès, agissait comme un gardien. Ce génie grimaçant était censé éloigner les démons et assurer un repos paisible au dormeur de l’Égypte. La protection de la tête était une obsession en Égypte.

Cette protection s’étendait à l’au-delà. Les Égyptiens craignaient que la tête ne se détache du corps momifié, ce qui aurait compromis la renaissance du défunt. L’appui-tête funéraire, placé sous le cou de la momie, assurait symboliquement l’intégrité du corps pour l’éternité. C’est l’une des raisons principales de son usage en Égypte.

Un symbole de renaissance : l’appui-tête et le lever du soleil

La symbolique de l’appui-tête est aussi liée au cycle solaire, central dans la mythologie de l’Égypte. En soulevant la tête, l’objet imitait le soleil se levant à l’horizon entre deux montagnes. Le dormeur, comme le défunt, était ainsi positionné pour accueillir la renaissance du matin, tel le dieu Rê renaissant chaque jour. L’Égypte vénérait ce cycle éternel.

Le chapitre 166 du Livre des Morts est entièrement dédié à l’appui-tête, invoqué pour « réveiller celui qui était endormi » et lui redonner sa tête symboliquement. L’objet n’est plus un simple support, mais un instrument magique de résurrection, essentiel dans les rituels funéraires de l’Égypte. La hauteur d’environ une vingtaine de centimètres avait donc aussi un sens symbolique.

À quoi ressemblaient vraiment ces « oreillers » de l’Égypte ?

Les appuis-tête de l’Égypte étaient des objets sculpturaux, composés de trois parties : un socle plat pour la stabilité, un pilier central, et un support supérieur incurvé pour accueillir la nuque ou l’arrière du crâne. Leur design, bien que rigide, était pensé pour être fonctionnel. Mesurant souvent une vingtaine de centimètres, leur forme variait selon les époques et le statut du propriétaire en Égypte.

Matériaux et conception : du bois à l’albâtre

La majorité des appuis-tête utilisés au quotidien en Égypte étaient en bois, un matériau commun et facile à travailler. Pour plus de confort, une pièce de lin pouvait être drapée sur la partie incurvée. Les modèles funéraires ou ceux destinés à l’élite de l’Égypte étaient fabriqués dans des matériaux plus nobles comme l’albâtre, le marbre ou la faïence. Leur hauteur d’environ une vingtaine de centimètres restait une constante.

La conception de ces objets en Égypte pouvait être très simple ou extraordinairement complexe, avec des piliers sculptés en forme de divinités ou de symboles comme le pilier Djed. Chaque détail avait son importance et sa signification dans la culture de l’Égypte, ce qui rend l’étude de ces artefacts fascinante.

MatériauUsage principal en ÉgypteSymbolique associée
BoisQuotidien pour la plupart de la populationFonctionnel, accessibilité
CéramiqueQuotidien et funéraire modesteDurabilité, simplicité
Albâtre / MarbreFunéraire et élitePureté, éternité, richesse
IvoireRoyal et éliteLuxe, pouvoir, exotisme
FaïenceFunéraire et décoratifRenaissance, brillance solaire

L’exemple fascinant de Toutânkhamon et ses trésors

La découverte du tombeau de Toutânkhamon a offert un aperçu exceptionnel du mobilier funéraire de l’Égypte. Pas moins de huit appuis-tête y ont été retrouvés, illustrant leur importance. L’un des plus célèbres, en ivoire, représente le dieu Shou (symbole de l’air) soutenant le ciel, avec deux lions gardant les horizons. Sa hauteur est de 17,5 cm, proche de la norme d’une vingtaine de centimètres.

Un autre, en faïence turquoise, symbolise la régénération. D’autres encore, plus simples, étaient en bois. Cette collection montre que le jeune pharaon de l’Égypte disposait de différents modèles pour différents usages, rituels ou pratiques. Le soin apporté à ces objets en dit long sur leur rôle dans la vie et la mort en Égypte, confirmant que leur fonction dépassait de loin le simple confort. L’héritage de l’Égypte est immense.

Les Égyptiens dormaient-ils vraiment tous sur de la pierre ?

Non, pas exclusivement. La plupart des appuis-tête pour un usage quotidien étaient en bois, un matériau plus commun. Ceux en pierre comme l’albâtre ou le marbre étaient généralement réservés à l’élite ou à un usage funéraire pour assurer la pérennité dans l’au-delà.

Était-ce confortable de dormir sur un appui-tête égyptien ?

Le confort n’était pas le critère principal. L’objectif était de surélever la tête pour protéger les coiffures et éviter les nuisibles. Les Égyptiens pouvaient ajouter un morceau de tissu en lin pour adoucir le contact, mais la conception privilégiait la fonction à la douceur.

Quelle était la signification symbolique la plus importante de l’appui-tête en Égypte ?

Sa signification la plus forte était liée à la renaissance. En élevant la tête du dormeur ou du défunt, l’objet symbolisait le lever du soleil à l’horizon. Il était considéré comme un outil magique pour assurer le réveil chaque matin et, plus important encore, la résurrection dans l’au-delà.

Les enfants en Égypte utilisaient-ils aussi des appuis-tête ?

Oui, des appuis-tête de plus petite taille ont été retrouvés, suggérant qu’ils étaient utilisés par des personnes de tous âges, y compris les enfants. Leur usage était répandu dans toute la société de l’Égypte, bien que les matériaux et la qualité variaient considérablement.

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